Comment ont évolué les expositions des salariés du secteur privé aux risques professionnels sur les vingt dernières années ? Premiers résultats de l’enquête Sumer 2017


Le salarié du privé d’aujourd’hui est-il moins exposé aux risques professionnels que celui d’hier ? Ça dépend, répond l’enquête Surveillance médicale des expositions des salariés aux risques professionnels (Sumer), qui livre ses premiers enseignements pour 2017. Réalisée tous les sept ans environ, cette étude vise à mieux connaître les expositions «au plus proche du travail réel». S’appuyant sur les données de 1200 médecins du travail et sur des questionnaires complétés par des salariés, elle offre, pour cette nouvelle mouture, des résultats «contrastés». Certes, «la plupart des expositions des salariés aux contraintes physiques ont baissé entre 1994 et 2017». Avec une exception : le risque lié aux nuisances sonores qui ne connaît pas d’embellie. Résultat notamment du développement des open spaces. Le travail répétitif est, lui, à la baisse, avec une récente diminution pouvant «être rattachée aux évolutions technologiques, dont l’automatisation». Mais cette tendance concerne d’abord les expositions les plus longues  (au-delà  de  dix heures  par semaine). En dessous, l’exposition stagne. De même, si la catégorie station debout ou le piétinement prolongé a diminué de 7 points entre 1994 et 2017 pour les expositions longues (vingt heures ou plus), elle a augmenté de 14 points pour les expositions courtes (entre deux et dix heures). Même prudence sur les risques liés aux produits dangereux. L’exposition à au moins un produit chimique a légèrement chuté sur la période 1994-2017. Toutefois, l’exposition à un produit cancérigène concerne encore 10 % des salariés du  privé, soit 1,8 million de personnes. En  revanche, le signalement des expositions à des agents biologiques a largement augmenté. L’agriculture est particulièrement concernée, ainsi que les métiers d’aides-soignants ou d’aides à domicile. Autre volet de l’enquête, l’intensité du travail, qui a augmenté depuis vingt ans. Entre 2010 et 2017, les formes de pressions exercées sur les salariés ont surtout évolué : l’intensité du travail liée au déplacement automatique d’un produit ou la cadence automatique d’une machine est à la baisse, tout comme celle liée au contrôle et à la surveillance exercés par la hiérarchie. En revanche, celle liée au contrôle ou au suivi informatisé est à la hausse.



 

 

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